À demain ma mort

Dans À demain ma mort, Michael Disanka nous plonge au cœur d’un bar de quartier en périphérie de Kinshasa — un lieu banal en apparence, mais chargé de tensions, de désirs et de contradictions. Sur scène, une tenancière à la fois autoritaire et vulnérable, policière à la gâchette facile, entretient une relation complexe avec « IL », un lanceur d’alerte prêt à tout risquer pour faire éclater la vérité.

Conscient que révéler ce qu’il sait pourrait lui coûter la vie, « IL » traverse une série de visions où se mêlent ses propres morts possibles et celles de figures emblématiques de la lutte citoyenne en République Démocratique du Congo, telles que Luc Nkulula, Rossy Mukendi ou encore Floribert Chebeya. À travers ces évocations, la pièce interroge le prix de l’engagement, la violence politique et la fragilité de la vie humaine.

Construite comme une polyphonie scénique, l’œuvre alterne entre prose hallucinée, soliloques poétiques et fragments élégiaques. Fidèle à l’esthétique du « théâtre du scratching », l’écriture de Michael Disanka se déploie dans une forme éclatée, libre et incisive, où la langue se fait matière vivante — à la fois brute, vibrante et profondément engagée.

À demain ma mort est une traversée sensible et politique, une œuvre qui donne voix à celles et ceux qui vivent et résistent au cœur des fractures contemporaines.

Crédits

Texte : Michael Disanka | Création : 2022
Mise en scène : Djo Ngeleka | Chorégraphie : Aguibou Bougobali Sanou | Scénographie : Estelle Duriez
Interprétation : Solange Muneme, Anifa Dobila, Mamichou Zoart, Fabrice Koko Paraizo Babatunde, Ndoma Sanou
Production / Soutiens : CITF, Institut Français de Lubumbashi, Institut Français de Bobo-Dioulasso, Ambassade des États-Unis au Burkina Faso

Neci Padiri

Prix de la Meilleure Dramaturgie au Cairo International Festival Experimental Théâtre 2023

https://www.instagram.com/reels/Cw8R_hSoqzk/

Crédits

Texte et mise en scène : Michael Disanka
Interprétation et chant : Christiana Tabaro, Mumba Yachi, Kady Vital Mavakala, Taluyobisa Luyobisa
Direction technique : Cléo Konongo
Création sonore : Arnold Asende (dit Croco), Franck Moka
Direction du chant : Arnold Asende (dit Croco)
Regards sur la vidéo : Michael Disanka, Franck Moka
Costumes : Michael Disanka, Mugoli Tabaro
Production : Collectif d’Art d’Art, Mugoli Tabaro
Coproduction : Connexion, KVS (Théâtre Royal Flamand de Bruxelles)
Remerciements : Marguerite Disanka, Hôtel RM, Theresia Tshilanda, Paul Kerstens, Institut Français de Kinshasa

Sur scène, un orchestre mystico-chrétien composé de musiciens et musiciennes aux identités singulières interroge une question aussi vertigineuse que dérangeante : quel est le sexe de Dieu ?

Au cœur de cette création, une femme s’oppose à la représentation masculine dominante du divin. Face à un système symbolique et religieux profondément marqué par le patriarcat, elle engage un processus de réappropriation, convoquant des figures féminines historiques et bibliques pour affirmer sa voix et renverser les codes établis. Peu à peu, un nouvel ordre symbolique émerge : le cercle remplace la croix, et l’Ostie est donnée par une femme.

À travers cette dramaturgie puissante, Neci Padiri questionne les structures visibles et invisibles héritées du patriarcat — ces murs physiques et psychologiques qui traversent les sociétés et conditionnent les rapports humains. Le spectacle explore avec acuité les tensions entre héritage et émancipation, entre croyance et réinvention, entre intime et politique.

Mais Neci Padiri est aussi une œuvre profondément personnelle. Né d’une période de crise, marquée par le deuil, les blocages administratifs et une remise en question artistique, le spectacle devient le lieu d’une introspection radicale. Michael Disanka y interroge sa propre position d’artiste, son rapport à la création et à la scène, dans un mouvement de dépouillement et de transformation.

Entre quête spirituelle, critique sociale et exploration poétique, la pièce se déploie comme une liturgie contemporaine, une messe théâtrale où se rejouent les équilibres entre masculin et féminin, pouvoir et vulnérabilité, mémoire et devenir.

Neci Padiri est une œuvre traversée par les contradictions, une tentative de réconciliation avec soi-même et avec le monde — un geste artistique fort, à la fois intime, politique et profondément humain.

Sept Mouvements Congo

Prix SACD – Festival Impatience 2020

Ce spectacle retrace le parcours intense et tourmenté d’un jeune Kinois sur une période de huit mois, au cœur d’un moment charnière de l’histoire récente de la République Démocratique du Congo. Animé par l’espoir d’un changement sociopolitique, il se rend à un rendez-vous avec l’Histoire — mais se retrouve rapidement confronté aux réalités complexes de son environnement : précarité quotidienne, pressions sociales, ingérences extérieures et instabilité politique.

Pris dans un mouvement constant entre espoir et désillusion, son parcours devient le reflet d’une génération en quête de sens et de transformation.

Sur scène, cinq jeunes artistes incarnent cette tension vitale. À travers le chant, la danse et la parole, ils expriment leurs angoisses, mettent en jeu leur survie et donnent corps à une colère lucide face aux blocages et aux contradictions de la société congolaise. Leur performance, à la fois brute et poétique, embrasse sans détour les multiples facettes de cette réalité.

À travers cette œuvre, Michael Disanka explore la frontière fragile entre histoire personnelle et histoire collective. En mêlant récit intime, musique et langage corporel, il propose une forme scénique engagée qui participe à la construction d’une mémoire vivante du Congo contemporain.

Ce spectacle est à la fois une chronique générationnelle et un acte de mémoire — un geste artistique fort qui interroge le présent pour mieux éclairer l’avenir.

Crédits

Texte : Michael Disanka | Création : 2022
Mise en scène : Djo Ngeleka | Chorégraphie : Aguibou Bougobali Sanou | Scénographie : Estelle Duriez
Interprétation : Solange Muneme, Anifa Dobila, Mamichou Zoart, Fabrice Koko Paraizo Babatunde, Ndoma Sanou
Production / Soutiens : CITF, Institut Français de Lubumbashi, Institut Français de Bobo-Dioulasso, Ambassade des États-Unis au Burkina Faso

Trace

Dans cette création, Christiana Tabaro et Michael Disanka proposent une plongée singulière au cœur de leur propre matière artistique. Invités par la SACD et le Festival d’Avignon, les deux auteurs et interprètes congolais, accompagnés de musiciens, explorent une démarche de réécriture à partir de leurs archives créatives.

Le spectacle s’appuie sur une question fondamentale : comment faire naître une nouvelle écriture à partir des fragments laissés en marge des œuvres passées ? Textes inachevés, bribes de scènes, fragments de chants ou motifs musicaux deviennent ici les éléments d’une recomposition vivante.

À travers ce travail, les artistes revisitent plus de dix années de création théâtrale à Mbanza-Ngungu, en République Démocratique du Congo. Ce retour aux sources donne naissance à une forme poétique et expérimentale, où les « résidus » des projets précédents se transforment en une matière nouvelle, vibrante et incarnée.

Par un jeu de superpositions successives — écriture sur écriture, mémoire sur mémoire — le spectacle fait émerger une dramaturgie fragmentée, en mouvement, fidèle à l’esthétique du théâtre du scratching. Sur scène, les corps, la voix et la musique se répondent dans une composition à la fois jubilatoire, rythmée et méditative.

Cette création est une célébration du processus artistique lui-même : une œuvre qui interroge la trace, la mémoire et la capacité de l’art à se réinventer à partir de ses propres ruines.

Crédits

Conception, texte et mise en scène : Christiana Tabaro & Michael Disanka
Avec : Christiana Tabaro, Kady Vital Mavakala, Ta-luyobisa Luheho, Michael Disanka
Création sonore : Arnold Asende
Production : Collectif d’Art-d’Art
Coproduction : Festival d’Avignon, Institut Français de Kinshasa