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À demain ma mort

Dans À demain ma mort, Michael Disanka nous plonge au cœur d’un bar de quartier en périphérie de Kinshasa — un lieu banal en apparence, mais chargé de tensions, de désirs et de contradictions. Sur scène, une tenancière à la fois autoritaire et vulnérable, policière à la gâchette facile, entretient une relation complexe avec « IL », un lanceur d’alerte prêt à tout risquer pour faire éclater la vérité.

Conscient que révéler ce qu’il sait pourrait lui coûter la vie, « IL » traverse une série de visions où se mêlent ses propres morts possibles et celles de figures emblématiques de la lutte citoyenne en République Démocratique du Congo, telles que Luc Nkulula, Rossy Mukendi ou encore Floribert Chebeya. À travers ces évocations, la pièce interroge le prix de l’engagement, la violence politique et la fragilité de la vie humaine.

Construite comme une polyphonie scénique, l’œuvre alterne entre prose hallucinée, soliloques poétiques et fragments élégiaques. Fidèle à l’esthétique du « théâtre du scratching », l’écriture de Michael Disanka se déploie dans une forme éclatée, libre et incisive, où la langue se fait matière vivante — à la fois brute, vibrante et profondément engagée.

À demain ma mort est une traversée sensible et politique, une œuvre qui donne voix à celles et ceux qui vivent et résistent au cœur des fractures contemporaines.

Neci Padiri

Sur scène, un orchestre mystico-chrétien composé de musiciens et musiciennes aux identités singulières interroge une question aussi vertigineuse que dérangeante : quel est le sexe de Dieu ?

Au cœur de cette création, une femme s’oppose à la représentation masculine dominante du divin. Face à un système symbolique et religieux profondément marqué par le patriarcat, elle engage un processus de réappropriation, convoquant des figures féminines historiques et bibliques pour affirmer sa voix et renverser les codes établis. Peu à peu, un nouvel ordre symbolique émerge : le cercle remplace la croix, et l’Ostie est donnée par une femme.

À travers cette dramaturgie puissante, Neci Padiri questionne les structures visibles et invisibles héritées du patriarcat — ces murs physiques et psychologiques qui traversent les sociétés et conditionnent les rapports humains. Le spectacle explore avec acuité les tensions entre héritage et émancipation, entre croyance et réinvention, entre intime et politique.

Mais Neci Padiri est aussi une œuvre profondément personnelle. Né d’une période de crise, marquée par le deuil, les blocages administratifs et une remise en question artistique, le spectacle devient le lieu d’une introspection radicale. Michael Disanka y interroge sa propre position d’artiste, son rapport à la création et à la scène, dans un mouvement de dépouillement et de transformation.

Entre quête spirituelle, critique sociale et exploration poétique, la pièce se déploie comme une liturgie contemporaine, une messe théâtrale où se rejouent les équilibres entre masculin et féminin, pouvoir et vulnérabilité, mémoire et devenir.

Neci Padiri est une œuvre traversée par les contradictions, une tentative de réconciliation avec soi-même et avec le monde — un geste artistique fort, à la fois intime, politique et profondément humain.

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Sept Mouvements Congo

Ce spectacle retrace le parcours intense et tourmenté d’un jeune Kinois sur une période de huit mois, au cœur d’un moment charnière de l’histoire récente de la République Démocratique du Congo. Animé par l’espoir d’un changement sociopolitique, il se rend à un rendez-vous avec l’Histoire — mais se retrouve rapidement confronté aux réalités complexes de son environnement : précarité quotidienne, pressions sociales, ingérences extérieures et instabilité politique.

Pris dans un mouvement constant entre espoir et désillusion, son parcours devient le reflet d’une génération en quête de sens et de transformation.

Sur scène, cinq jeunes artistes incarnent cette tension vitale. À travers le chant, la danse et la parole, ils expriment leurs angoisses, mettent en jeu leur survie et donnent corps à une colère lucide face aux blocages et aux contradictions de la société congolaise. Leur performance, à la fois brute et poétique, embrasse sans détour les multiples facettes de cette réalité.

À travers cette œuvre, Michael Disanka explore la frontière fragile entre histoire personnelle et histoire collective. En mêlant récit intime, musique et langage corporel, il propose une forme scénique engagée qui participe à la construction d’une mémoire vivante du Congo contemporain.

Ce spectacle est à la fois une chronique générationnelle et un acte de mémoire — un geste artistique fort qui interroge le présent pour mieux éclairer l’avenir.